Ce qu'on accroche au mur, et comment on l'éclaire

Suivez-nous :
Écrit par des gens du métier Encadreuse d'art, accrocheur de galerie, étalagiste
La hauteur d'œil Ce qui se voit, ce qui disparaît
Nouveaux articles Chaque semaine
Newsletter Une image par semaine S’inscrire

Ranger des tirages : à plat, au sec, jamais dans un grenier

Avatar de Domitille Sarrazin

·

4 min de lecture 4,0 (18 avis)

Tous les tirages d’une famille ne sont pas accrochés en même temps. Certains attendent, dans une boîte ou un tiroir, le bon cadre ou le bon mur. Cette attente, si elle se fait dans de mauvaises conditions, abîme parfois davantage l’image qu’un accrochage direct sur un mur ensoleillé.

À plat, jamais roulés ni debout serrés

Un tirage stocké roulé garde en mémoire cette courbure : une fois sorti, il refuse de rester bien plat sous verre, ce qui crée des zones de contact inégales avec la vitre et complique l’encadrement. Des tirages empilés debout, serrés les uns contre les autres dans une boîte trop étroite, se plient légèrement sur les bords au fil du temps, sous leur propre poids ou celui des voisins.

La position la plus sûre reste à plat, empilés horizontalement, avec une feuille de papier neutre entre chaque tirage pour éviter tout contact direct entre deux surfaces photographiques, qui peuvent parfois adhérer légèrement l’une à l’autre avec le temps et l’humidité ambiante.

Au sec, jamais dans un grenier ni une cave

Un grenier connaît des variations de température et d’humidité importantes selon les saisons, en particulier sous une toiture peu isolée : chaleur excessive l’été, humidité et froid l’hiver. Une cave, à l’inverse, souffre souvent d’un taux d’humidité constant, propice au développement de moisissures sur le papier photographique. Ces deux environnements comptent parmi les pires endroits pour conserver des tirages, même pour quelques mois seulement.

Une pièce de vie tempérée, à l’abri de la lumière directe et des variations brutales de température, reste le lieu de stockage le plus favorable : un placard dans une chambre ou un salon convient généralement mieux qu’un espace annexe pensé pour le stockage occasionnel d’objets peu sensibles.

Manipuler avec des mains propres et sèches

La graisse naturelle de la peau laisse, à chaque manipulation, une trace invisible sur la surface d’un tirage, en particulier sur les zones claires où elle finit, avec le temps, par jaunir légèrement. Manipuler un tirage par les bords, plutôt qu’en posant les doigts au centre de l’image, réduit ce risque, tout comme se laver les mains avant une session de tri ou de rangement d’un lot important de photographies.

Des gants en coton fin, utilisés par certains professionnels pour les tirages les plus anciens ou les plus précieux, restent superflus pour un usage familial courant : la précaution de base, tenir l’image par les bords, suffit largement dans l’immense majorité des cas.

Éviter les élastiques et les trombones

Un élastique passé autour d’une pile de tirages marque durablement le papier à l’endroit du contact, une marque qui devient parfois définitive après plusieurs mois. Un trombone métallique, en rouillant légèrement avec l’humidité ambiante, peut laisser une trace orangée qui migre directement sur l’image. Une simple pochette en papier neutre, glissée autour d’un petit lot de tirages, protège sans laisser aucune marque, contrairement à ces systèmes de maintien pourtant si pratiques en apparence.

Une boîte neutre plutôt qu’un carton quelconque

Un carton d’emballage ordinaire, souvent acide, transmet lentement cette acidité aux tirages qu’il contient, un phénomène proche de celui qui touche un mauvais passe-partout et que les professionnels de la conservation appellent la désacidification lorsqu’ils doivent le corriger après coup sur un document déjà abîmé. Une boîte de conservation en carton neutre, ou à défaut une boîte propre et sèche, doublée d’une feuille de papier neutre au contact direct des tirages, protège nettement mieux sur la durée.

  • Stocker les tirages à plat, jamais roulés ni debout serrés les uns contre les autres.
  • Éviter grenier et cave, trop soumis aux écarts de température et d’humidité.
  • Séparer chaque tirage d’une feuille de papier neutre pour éviter tout contact direct prolongé.
  • Préférer une boîte de conservation neutre à un carton d’emballage quelconque.

Ce souci de matière neutre rejoint directement celui du passe-partout, dont le rôle protecteur repose sur le même principe : nous le détaillons dans notre article sur le passe-partout qui n’est pas décoratif.

Bien rangés, des tirages en attente d’un cadre traversent les années sans dommage : c’est une question d’endroit et de position, rarement de moyens.


Avatar de Domitille Sarrazin

À lire aussi